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Fénelon Vaujours

Une belle expérience

Le samedi 2 avril, Augustin a défendu avec passion son discours mais le niveau de ce deuxième tour de sélection était très élevé et malgré toute sa ferveur, son enthousiasme et sa fougue cela n'a pas suffit.

Voici le discours d'Augustin :

Bonsoir mesdames, Bonsoir messieurs. Je me présente je suis Augustin Lallouette actuellement en terminale ES au lycée Fénelon

Ce soir, nous allons parler de volonté, de valeurs,et de cet homme : George Clemenceau. Rappelez-vous son portrait au crépuscule de sa vie : Moustache drue, chauve, un regard impassible.... Sur ce portrait le « Tigre » semble déterminé et c'est ce personnage historique qui un jour a prononcé « Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire et l'énergie de le faire »
Que voulait-t-il nous transmettre ?

On peut considérer cette citation comme une maxime, comme une manière d'agir au quotidien. Elle est divisée en trois parties et chacune d'elle évoque un élément très important pour participer au spectacle de la vie : savoir ce que l'on veut, avoir du courage et avoir de l'énergie. Avec ces trois éléments, vous avez toutes les clés en main pour avancer, progresser et améliorer le monde autour de vous.

Par exemple : Je suis à la cantine, je prends mon plateau, je fais la queue, je m'ennuie un peu alors je regarde ça et là à la recherche d'un ami avec qui je pourrais manger. Soudain, je vois une jeune fille qui m'est inconnue, elle est magnifique, elle a de très beaux yeux et en même temps je peux sentir qu'au delà de sa beauté extérieure, il y a un être intéressant à découvrir. Là la machine se met en marche. Je sens qu'elle dégage une chaleur humaine, elle n'est pas entourée de centaines de garçons prêts à l'aborder dessus au premier clin d’œil. La machine s'accélère. Quelles sont mes possibilités ? l'approche directe ; ou  je demande à un ami « connais-tu cette belle inconnue ? ». A partir de ce moment : Je SAIS ce que je veux. Je veux la connaître, la voir et être ami avec elle. Ou du moins j'aimerai, car nous savons tous que c'est peu probable. Surtout à ce premier stade.

Par ailleurs, la volonté exprime notre personnalité, notre être tout entier. Chacun de nos vœux exprime une partie de nous-même. Quelqu'un qui prône une vie simple ne voudra pas posséder un yacht. C'est contre sa nature, cela ne l'intéresse tout simplement pas.
Il cherchera plus de vrais amis sur qui il peut compter, des instants précieux avec sa femme et ses enfants. D'autres voudront la richesse, le pouvoir ou détruire. Toutes les volontés existent et nous pouvons apprendre à nous connaître en sachant ce que nous voulons. Finalement assumer ses désirs c'est assumer une partie de soi-même, car il se peut parfois que nos désirs soient honteux. En tant que romantique, je peux me raisonner en me disant que c'est ridicule d’aborder cette belle personne, que de toute façon cela ne fonctionnera jamais alors autant laisser tomber. Et bien justement : Peut-être qu'assumer cette envie, l'accepter, c'est faire un pas vers une confiance en soi renouvelée, renforcée.
 Bien sûr, comme nous l'avons évoqué, tous les désirs existent et ne sont heureusement pas tous réalisables. Sinon dans quelle société serions nous ? Mais là n'est pas le propos.

Cela nous mène donc au courage : après la naissance intérieur du désir, qu'il vienne de nous-même ou des autres ce qui est souvent le cas, une fois que la volonté est ancrée, enracinée, il faut du courage pour accomplir son désir. La bravoure est une valeur essentielle dans notre vie, nous avons tous besoin de courage pour prendre une bonne décision, par exemple : apprendre, « Osez l'intelligence » disait Emanuel Kant, le courage est primordial. Sans ce dernier, l'humanité n'aurait rien accompli, chaque tâche serait abandonnée, chaque activité deviendrait pénible. Imaginons nous, habitants de pays développés, en tant que paysan dans un village d'un pays pauvre, cela peut vous paraître un cliché, mais c'est vraiment important pour marquer la relativité du mot. Un paysan lui se lève pour cultiver la terre, quelque soit les conditions de travail, quelque soit ses propres conditions : malade ou éreinté, il doit labourer, battre le blé, récolter, marchander pour à la fin pouvoir.... survivre... Là nous comprenons parfaitement la notion de courage surtout si nous comparons ce brave paysan au petit romantique européen qui a peur d'aller voir cette jeune fille à la cantine !
Bon me direz vous, de tels exemples, il est facile d'en trouver, la vie n'est pas juste, c'est comme ça, si nous pensions constamment à toute la misère du monde, comment pourrions nous vivre ? Et je vous rejoins !
C'est tout à fait vrai.... Pourtant nous ne pouvons pas nier que partout dans le monde vivent des gens bien plus courageux que la plupart d'entre nous.

Certains peuvent aussi avoir le courage de soutenir une idée que tout le monde réprouve, ou que personne n'ose exprimer. Une fois pendant le cours d'anglais, nous débattions autour d'un sujet. Qu'importe ce dernier, cela créerait des remous. Mais je fus étonné de la part de la classe qui, presque instantanément, éleva sa voix pour lutter contre cette idée. Pourtant, je pensais qu'il était naturel d'être d'accord, et que ce débat ne s’envenimerait pas à ce point. J'étais révolté contre les arguments absurdes et sans aucune réflexion qui furent lancés. Notre professeur aussi était gênée, alors j'élevais ma voix pour soutenir l'évidence. Je savais qu'une majorité de la classe était plus ou moins d'accord avec ce que j'allais dire.  Mais cette majorité était silencieuse, manquant cruellement de courage et d'engagement, attendant que le débat se passe, oubliant ce qui avait été dit, même si cela était faux. J'ai donc eu le courage de soutenir mes idées devant ces cinq ou six personnes qui continuaient de déverser un flot d'absurdités. Cet exemple me retourne le cœur rien que d'y penser, mais il montre que si personne ne se lève pour dire « je ne suis pas d'accord » l'opinion, les idées, la société n'avancent pas. Très souvent cela vaut la peine d'être courageux.

Pour accomplir un désir, il faut aussi se battre contre soi-même, cette belle inconnue, je me refuse d'aller la voir. Je peux en parler à mes amis, ils rigolent. Cela ne m'aide pas. Malgré ce renoncement dû à ma lâcheté, mon désir prend de l'ampleur. Alors il faut que je trouve la bravoure pour me convaincre. Il faut que je me batte contre l'anxiété qui m'habite. Il faut que je me batte contre le frein que représente les moqueries de mes amis,
Alors après ce combat acharné, comme celui du « Tigre » dans un contexte bien plus difficile, je dois chercher en moi cette énergie, cette puissance qui finalisera mon désir.

L'homme peut avoir peur de dire la vérité, peur d'être lui-même. Écouter et gober ce que disent les autres et les médias, c'est s'embrouiller l'esprit de multiples controverses qui nous écarte de notre vérité. Il faut écouter les autres pour confronter son opinion, car l'erreur est humaine. Mais il ne faut pas subir les autres. Il faut faire la part de ce que vous entendez pour en tirer le plus juste. Une fois cette tâche accomplie, trouvez votre source d'énergie : un souvenir, une personne qui vous a marqué et qui vous donne cette puissance.
Moi, je puise mon énergie du courage que j'ai accumulé de ces combats contre les autres, contre moi-même, contre les idées reçues de la société et je l'utilise pour mettre en marche la machine à vapeur qui m'emmènera à l'accomplissement de mon désir. Le plus dur est de démarrer, mais une fois la machine lancée il suffit de l'entretenir, de maintenir l'allure. Et tel le « Tigre » qui s'avance vers la foule pour discourir, je cours vers la jeune fille pour lui dire à quel point je la trouve radieuse.

Car « le cœur a sa raison que la raison ignore »

Merci

 

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